La Croatie : première étape en solo

Un lift de 1700 miles

Toujours accompagné de Gregory, je franchis finalement la frontière entre la Slovénie et la Croatie. La Croatie est un pays que je connais. Il y a quelques années, j’y ai voyagé un peu plus de 2 semaines. Le premier but fixé est d’aller à la recherche de la mer. Nous la trouverons finalement après quelques km de route. Je retrouve alors la magnifique eau turquoise et claire de Croatie. Je n’hésite pas longtemps à plonger dans celle-ci ! Une fois la baignade terminée, nous fonçons à Rijeka. Gregory me laissera ici, il est temps pour lui de rentrer en France. Avec plus de 1700 miles au compteur, il va sûrement rester pendant un long moment le chauffeur qui m’a fait le plus avancer ! Merci !

slovenie2-6 copie

Rijeka

Je n’ai aucun souvenir de Rijeka, je ne pense pas y être passé lors de mon précédent voyage dans le pays. Gregory m’a déposé en plein milieu du centre-ville. Parfait pour moi ! Lorsque nous étions en Slovénie, j’ai réservé un lit dans une auberge de jeunesse pour 10€. Elle se trouve au centre-ville et j’ai son adresse dans ma poche. Je marche le long de la rue à sa recherche, mais impossible de trouver le numéro ! Je dois aller au numéro 7 et je ne vois que des chiffres pairs. Je demande un peu mon chemin, mais tout le monde m’indique le port. Finalement, je trouverai une rue au même nom plusieurs mètres après. L’auberge de jeunesse est très différente de celles que j’ai déjà vues en France. J’y trouve 3 dortoirs et une vue sur le port. Une fois mes bagages posés, je visiterai un peu la ville. Je suis assez surpris de ce que j’y trouve. Beaucoup de monuments sont délabrés, mais encore utilisés. Certains semblent même à l’abandon, mais il n’en est rien ! La ville a tout de même quelques coins plutôt jolis et on peut y observer tranquillement le coucher de soleil près du port. Le soir, j’ai profité du wifi de l’auberge pour donner un peu de nouvelles. Le lendemain, c’est reparti !

slovenie2-7 copie

croatie-1 copie

Premier stop à l’étranger

Nous sommes le 25 mai et je suis à Rijeka. D’après ce que j’ai vu sur internet, les autostoppeurs recommandent de quitter la ville en bus avant de faire de l’autostop. Je pense qu’au contraire, il faut profiter des voitures qui débarquent en bateau. Je fonce vers le port, mais aucun bateau n’est en train d’aborder les terres. Je trouve finalement une voiture sur le parking en quelques minutes pour aller à Grobnik où se trouve le péage en direction de Zagreb. Une fois au péage, une vingtaine de minutes suffiront pour trouver une autre voiture. Dans cette voiture, je fais la connaissance d’un couple qui va vers Zagreb. La femme parle anglais et nous échangerons beaucoup sur le pays. Je commence à comprendre l’état des bâtiments. La Croatie ne s’est pas encore remise réellement de la guerre et encore moins de la crise. Le pays manque de fonds. J’apprends que le couple gagne un peu près 1000€ chacun en bossant entre 10h et 12h par jour. Je leur parle de mon envie d’aller voir un Spomenik qui m’intéresse particulièrement. Ils me déconseillent d’y aller en stop. Il n’y a pas vraiment de village dans ce coin et le retour serait difficile. En regardant mon itinéraire prévisionnel, ils m’en conseillent un autre. Je choisis finalement de les écouter, mais regrette maintenant de ne pas être allé voir mon Spomenik ! Déposé au péage de Ivzko, je brandis mon panneau pour Ivenja Reka où je devrai ensuite rejoindre Zupanya. Un homme me prend, puis me dépose un peu au milieu de l’autoroute. Autour de moi, aucun péage, aucune station-service. Bref, je suis très mal placé…

Je continue à marcher tout droit pendant 4-5km. Je ressens bien la chaleur et le poids de mon sac à ce moment-là. Aucune voiture ne s’arrête, rien d’anormal vu mon positionnement et la vitesse qu’elles ont. Sur le côté, je vois une sorte de hangar. Je tente ma chance et j’y trouve deux hommes bien surpris de me voir là. Ils comprennent que je veux aller à Zupanya. Ils passeront plusieurs appels et me déposeront finalement au prochain péage qui se trouve assez loin ! En quelques minutes, un couple de personnes âgées me prend en charge. Ils ne parlent pas anglais mais vont à 3km de Zupanya. Au péage, l’homme de la cabine me voit et comprend que je fais du stop. Nous avons à peine échangé un regard, mais je crois qu’il restera à jamais gravé dans ma mémoire tellement il avait l’air heureux de me voir faire ça. Je trouve facilement une voiture qui me dépose au centre-ville.

Le jour où j’ai dormi dans un bar

A ce moment-là, je n’ai aucune idée d’où se trouve la ville. Je m’assois sur un banc et observe autour de moi la petite ville et les bars. Je choisis de m’installer dans l’un d’eux et rencontre un croate devenu français. L’homme est gentil, mais raconte beaucoup d’histoires ! Une fois il est né dans cette ville et deux heures plus tard c’est la première fois qu’il vient ! Un tas de contradiction s’enchaînent. En même temps, je rencontre le barman, Zvonimir. Il s’intéresse un peu à mon histoire et me propose de dormir dans une pièce à côté du bar. En attendant la nuit, je pars à la découverte de la ville. J’y trouverai finalement des Spomenik, loin d’être les plus beaux, mais c’est toujours ça.

croatie-3 copie

croatie-2 copie

Ce qui m’étonne le plus dans cette ville, c’est le nombre de personnes qui se baladent simplement dehors. Je trouverai aussi une église qui fait une messe extérieure avec énormément de monde. Nous sommes loin de la France, c’est sur !

croatie-4 copie

En continuant, je découvre un cours d’eau. Celui-ci est monté de 3 mètres quelques jours avant mon passage. La croix rouge est venue en aide au village, tout comme l’armée américaine. Les villages aux alentours sont toujours inondés, un avant-goût de la Serbie, victime de grosses inondations se présente devant moi… Peu de gens parlent anglais dans la ville, je retourne finalement au bar où Zvonimir me prend en charge. Après la fermeture, nous parlerons quasiment 3h ensemble du pays, des restes de la guerre en Croatie et de l’économie. L’homme regrette de voir que le nord du pays n’attire pas plus de touristes. Il m’avoue ne pas voir très souvent des touristes et que je suis le premier français qui s’arrête comme je l’ai fait. Je vais me coucher, fatigué de cette longue journée. Le lendemain, je pars en direction du camp de la Croix Rouge en espérant pouvoir y prendre une douche. Les militaires hésitent, mais je suis finalement accepté. On m’offre même de l’eau fraîche et de l’anti-moustique. Une bonne chose vu le nombre d’insectes présents depuis l’inondation…

croatie-6 copie

Je rejoins le péage en stop. Les camions passent mais ne m’acceptent pas. Ils ont peur pour leurs marchandises. J’ai un panneau pour Beograd. Je me rends compte que la ville est peut-être un peu loin. Je change de stratégie et mets le nom d’une ville plus proche. Une voiture s’arrête et m’emmène au prochain péage. Je n’y suis pas accepté et envoyé 20m plus loin. Encore une fois, je suis mal placé… les voitures accélèrent de trop. La chance me sourit au bout d’une vingtaine de minutes. Un Allemand roule en direction de la Turquie dans son campingcar, il me prend avec lui !

croatie-5 copie

  • Like it?

  • Categories:

  • Date:

  • Author:

  • Comments:

  • More sharing options

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *