2 ans et un mois de vie nomade

Je suis rentré de mon tour du monde le 19 juin 2016 et j’ai mis beaucoup de temps à me décider pour écrire cet article. L’article de la fin du voyage. La fin du voyage ne veut pas dire celle du blog ou de mes aventures, je continuerai à poster ici des articles sur mes futurs voyages et des conseils pour les voyageurs. Mais voilà, un article de fin de tour du monde ça marque la fin d’une époque et du pourquoi le site a été lancé.

Comment faire le bilan d’un tour du monde ? Comment faire un bilan d’un si long, et pourtant assez court, moment sur la route. Entre la date de mon départ, le 19 mai 2014 et celle de mon retour, il y a eu exactement 2 ans et un mois qui se sont écoulés. Soit 762 jours sans avoir vu la France.

Autant de jours à avancer sans trop vraiment savoir où j’allais si ce n’est une direction approximative à suivre, à rencontrer de nouvelles personnes, à me rapprocher de ce qui m’était inconnu, à faire confiance à l’autre, à dormir dans les gares en chemin, à m’émerveiller, à découvrir, à rire, à sourire, à m’énerver, à prendre du temps pour ne rien faire, à regarder l’horizon, à partager, à ne pas comprendre, à saisir les moments, à vivre différemment…

Parfois, je regardais les voitures défiler, parfois les paysages, souvent les gens. Un tas de choses sont passées et se sont passées devant mes yeux. Beaucoup trop. Les minutes ont souvent été des années. Ça peut être compliqué à concevoir ou percevoir pour les personnes qui voyagent sur des courtes périodes, mais quand on voyage, le temps change. Normalement, le temps nous échappe, mais quand on voyage, une semaine peut se transformer en plusieurs mois. J’ai souvent perdu la notion du temps. Hier me semblait si loin quand je pensais aux aventures vécues dans la journée qui venait de passer. Aujourd’hui, j’ai l’impression d’avoir déjà vécu une vie entière.

Des aventures, il y en a eues. Les temps d’attente sur la route pour trouver un nouveau véhicule pour avancer, les longs chemin dans les montagnes pour arriver à des points de vue, les passages à trouver pour atteindre le sommet des immeubles, les gardiens à éviter pour visiter des lieux qui m’étaient interdits, le hasard des rencontres et celui des retrouvailles.

Et puis parfois, il y a eu le rien. Celui de la fatigue qui m’a fait rester au lit toute la journée, à rien faire que de me poser pour récupérer un peu. Celui des moments où je cherchais du travail en Australie sans avoir toujours le succès espéré. Celui des moments de latence dans les aéroports. Un voyage c’est aussi ça. Ces moments-là. Ceux où on veut pendant une journée ne pas voyager et vivre de façon un peu plus « normale ».

Si vous avez envie de partir, faîtes-le. Il va y avoir des moments durs avant de partir, pendant que vous êtes en voyage et même à votre retour. Mais ils seront réellement effacés par tout ce que ça va vous apporter. Si vous êtes déjà sur la route, en ce moment même, profitez. Profitez de ce moment plus ou moins éphémère pour qu’il ne le soit pas dans vos têtes. Soyez vous même, sortez de votre zone de confort, tentez des expériences, faîtes ce que vous voulez quand vous voulez. Allez à gauche si ça vous chante, bifurquez à droite si ça semble plus sympa. Retournez en arrière si ça permet d’avancer. Vivez juste votre voyage comme vous le voulez vous.

On me pose souvent ces mêmes questions : « Alors, c’est quoi ton pays préféré ? », « Tu n’as pas eu de soucis ? », « Et le pays que tu as le moins aimé ? ». Pour beaucoup de personnes, mon voyage se résume souvent aux réponses à ces trois questions. Au final, ce n’est peut-être pas plus mal d’en rester là, car je ne sais vraiment pas comment résumer cette période qui est pour moi, pas vraiment un voyage ou un tour du monde, mais plus une partie de ma vie que j’ai vécue en temps que nomade.

Mais voilà, vous voulez sûrement savoir comme je résume ces 25 mois. Quand j’essaie d’y penser c’est assez flou. Je sais plus. Je sais qu’il y a eu des moments où j’ai souri, des moments où j’ai ri, des moments où j’ai pleuré, des moments où j’étais perdu, des moments où j’étais heureux, des moments où je comprenais pas ce qu’il se passait, des moments que j’ai oubliés, des instants où je me découvrais aussi. Ça a été une période en dehors du temps, des chemins de vie « classiques » et des normes sociales. Par contre, je sais que j’ai été souvent amené à perdre mes repères et au fond, c’est simplement ça voyager.

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