Paris : escapade urbaine dans la capitale

Vivre dans une grande ville sans voiture quand on aime voyager c’est difficile. Voilà une des choses que je retiendrai de mes presque deux années parisiennes. Paris, c’est une ville jolie si on aime l’architecture. On peut même y trouver des petits coins de verdure éparpillés un peu partout et souvent vite pris d’assaut quand les premiers rayons du soleil touche la ville. Bref, de quoi me convenir si je n’aimais pas prendre si souvent la route pour découvrir de nouvelles choses. Mais voilà, quand on n’a pas le choix il faut s’adapter et trouver d’autres façons de voyager. Pas de montagne à grimper ? Ce n’est pas grave, il y a les toits ! Pas de grottes dans le coin ? Découvrons donc ce que les sous-sols ont à nous proposer ! Des musées blindés ? On trouvera bien des bribes de patrimoine moins connues ! Quand le voyageur se pose en ville pour un moment, rien ne l’empêche de l’explorer de fond en comble finalement…

  •  Les sous-sols de Paris

Paris renferme bien des secrets, mais celui qui s’en donne les moyens peut les découvrir plus ou moins facilement. Le plus connu reste sûrement celui des catacombes. Mythe pour certains et coup d’un soir pour d’autres, ils suscitent beaucoup de questionnements autant chez les parisiens que chez les touristes. Aimant me balader en carrière, j’y ai personnellement trouvé un endroit paisible loin de l’agitation parisienne, mais aussi une source de découverte constante. En-dessous il faut dire que ça bouge bien et il n’est pas rare de voir le réseau souterrain évoluer du jour au lendemain. Descendant jusqu’à trois fois par semaine, il y a eu peu de semaines où je n’y ai pas mis les pieds durant cette année. À la recherche du patrimoine souterrain dans un premier temps, j’y ai finalement trouvé bien plus.

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Deux anciens cabinets minéralogiques dans les catacombes

Bond dans le passé et retour à ma première descente. Je rejoins mon guide et un ami. Descente tranquille, on enchaîne les chatières (Passage étroit où l’on doit se glisser pour passer), les galeries, mais aussi les différentes salles construites par les carriers ou les cataphiles (ceux qui descendent dans les catacombes) pendant pas moins de 11h. Je regarde à gauche, à droite, à la recherche du moindre petit détail pour me repérer : je compte bien revenir un jour. Il faut dire que j’ai du mal à suivre. Gauche, droite, tout droit, droite, puis gauche. Comment j’arriverai à retenir tout ça ? Un an plus tard, avec quelques descentes au compteur, je me dirige naturellement dans ce labyrinthe de galeries et ne sort quasiment plus ma carte. Le bruit de la plaque qui tombe est devenu un bruit totalement normal pour moi. Le regard parfois étonné des gens lorsque je passe ma tête hors du sol avant de sortir l’est tout autant. Avec le temps, j’ai même eu la chance de pratiquement voir tout ce que je voulais, tout en découvrant d’autres réseaux présents dans Paris.

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Une galerie sous Paris

Ces réseaux, ils peuvent être, tout comme dans le GRS (Grand Réseau Sud ou catacombes) des carrières, comme c’est le cas dans le 13ème ou 16ème arrondissements, mais aussi des galeries techniques, des tunnels, des bunkers ou encore même des tunnels de métro. J’exclus les égouts. Je me suis retrouvé dedans une fois, en me trompant de plaque, et ce que j’y ai vu m’a suffit. Les rats sous Paris, c’est vraiment pas une légende, ça grouille bien en-dessous ! Dans les catacombes, ce n’est pas le cas. En deux ans, je n’y ai croisé qu’une petite souris. Pareil pour l’odeur, si c’est assez insupportable dans les égouts, les odeurs des autres souterrains de Paris sont bien différentes. Mon odeur préférée reste clairement celle des carrières où l’on pourra découvrir par moment celle de la lampe à acétylène. Les galeries techniques ont des odeurs un peu plus étouffantes, tout comme la chaleur d’ailleurs. Il faut dire qu’on est plus près du sol que dans la plupart des carrières parisiennes…

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Les tunnels de métro et leurs anciennes rames taguées

Mais alors on fait quoi exactement en-dessous ? On se balade, on prend des photos, on peint, on sculpte, on dessine, on écoute de la musique, on discute, on écoute… chacun y fait ce qu’il veut, comme au-dessus en réalité. La différence réside peut-être dans l’ambiance générale. On ne sait pas vraiment qui on est, mais on se tutoie, on est au même niveau, qu’on soit PDG ou au chômage. On échange avec n’importe qui, on se fait avoir des fois, par des fumigènes qui nous empêchent de voir à plus de 30cm. On tombe sur des fêtes ou sur des gens seuls. Parfois ils sont déguisés, parfois nus, parfois assis sur des os, parfois en train de creuser… En-dessous, on voit les gens être plus eux-mêmes qu’à la surface. Et tout ce qu’on peut trouver étonnant au-dessus devient tout à fait normal en-dessous.

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Installation dans un bunker pour une fête clandestine

  •  Les toits de Paris

Ceux-là aussi font rêver ! Il n’y a qu’à lever la tête à Paris pour avoir envie de grimper un peu partout. Que ce soit sur les superbes monuments de la ville (L’Opéra Garnier, la tour Eiffel, le grand Palais et bien d’autres) ou sur les toits plus traditionnels comme les jolis toits haussmanniens de notre capitale, on n’est jamais vraiment déçu du voyage. Et si les péripéties sans filet de sauvetage ne sont pas à vos goûts, il y a tout de même de quoi faire puisque Paris propose de grimper sur de nombreux toits tout à fait légalement. La tour Eiffel, la tour Montparnasse, le Sacré-cœur, la terrasse du Printemps… nous ne sommes vraiment pas à plaindre, surtout que certains sont même accessibles gratuitement !

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À chaque toit, sa vue unique sur Paris

Grimper sur le toit des villes est sûrement ce que je préfère faire. Hélas, je suis vite limité dans les visites légales et j’ai toujours envie de pousser l’aventure un peu plus loin. De plus, certains toits ne sont pas accessibles au public. C’est dommage, surtout que certains sont plutôt sécurisés ! Il faut donc souvent attendre la nuit tombée ou être très discret pour pouvoir se faufiler sur ceux qui ne sont normalement pas accessibles. Et souvent ça vaut le coup. Je crois qu’on ne peut vraiment pas se lasser de la vue de Paris une fois posé sur ses hauteurs. Que ce soit avec ou sans ses lumières, cette ville est magnifique. Et tout comme dans les sous-sols, les toits proposent un petit havre de paix pour celui qui cherche un peu de tranquillité. Une chose bien rare dans une grande ville comme celle-ci.

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Une exposition photo dans un lieu délaissé ? Autant au profiter pour grimper…

Néanmoins, se balader sur les toits de la capitale n’est pas toujours aisé. Un voisin aura vite fait d’appeler la police pour stopper votre balade et certains toits seront particulièrement difficiles d’accès par rapport à d’autres. Il faudra donc avancer à pas de chat, sans faire un bruit tout en étant très discret. Heureusement, tous les concitoyens parisiens n’ont pas gardé l’esprit collabo en tête puisque par moment on peut leur faire confiance. Je me souviens, au détour d’une cheminée, en tournant la tête, voir soudain une petite lumière, celle d’une cigarette. En plein milieu d’une fenêtre, de l’autre côté de la rue, un regard est braqué sur moi. Celui d’une personne, qui fume sa cigarette matinale ou qui n’arrive pas à dormir, j’en sais rien. Cette personne regarde mon camarade et moi-même en pleine déambulation sur les toits. Le tout, sûrement sans vraiment comprendre pourquoi des mecs se balladent à 4h du matin sur le toit d’en face, mais qui ne dira rien et laissera la magie de la nuit opérer.

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Les monuments apparaissent différemment une fois en haut

  •  Les lieux oubliés de Paris

Dans ma Moselle natale, il n’est pas difficile de trouver des friches. Les industries, bunkers de la ligne Maginot ou encore manoirs anciens sont légion. À Paris, avec les pressions de l’immobilier, c’est un peu plus compliqué. Pourtant, il suffit de lever la tête dans certains quartiers pour découvrir des centaines de mètres carrés de bâtiments sans rien dedans, mais toujours sous l’emprise de quelqu’un qui ne souhaite pas le laisser. Ces lieux sont en général bien fermés, pas toujours possible de s’y balader ! Heureusement, Paris a tout de même quelques ressources sous la main et dispose tout de même de quelques espaces de liberté qui sont délaissés dans quelques recoins de la ville.

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Une partie délaissée de la petite ceinture, ma préférée.

Le plus connu d’entre eux est sûrement la petite ceinture (ou PC pour les intimes). Si quelques parties sont utilisées par la RATP, d’autres semblent totalement à l’abandon. Bien que ce ne soit pas le cas, s’y balader est particulièrement plaisant. Du moins, sur les parties délaissées, car, avouons-le, les parties de promenades touristiques sont un véritable enfer qui ont bien dénaturé le chemin d’origine. Il y a bien sûr d’autres lieux, qu’il faut par contre, découvrir par soi-même en poussant une porte ou en escaladant un mur, mais ça sera à vous de les trouver, car ça, ça fait aussi partie du voyage.

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Un ancien amphithéâtre

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